le quartier du Mokattam par Patrick Longueville
le quartier du Mokattam
par Patrick Longueville ©

Patrick Longueville

 

Patrick Longueville a été le premier représentant de Gaz de France à s’implanter en Egypte. Il y a ouvert son bureau de représentation, dont il était directeur général, au Caire en 2002. Ses activités professionnelles, qui consistaient à développer et à coordonner les activités et les investissements de Gaz de France en Egypte, ont permis au groupe gazier de faire entrer en vigueur le contrat d’achat de GNL et de favoriser son implantation en exploration-production.

Outre ce métier prenant, il ne tarda pas à découvrir le Mokattam, une colline où les chiffonniers acheminent à dos d’âne ou sur de vieilles charrettes, détritus et ordures récoltés dans la métropole cairote.
Ce piéton du Caire, amoureux de cette mégapole et passionné de photographie a donc fait la rencontre de Sœur Sara, qui œuvre depuis plus de trente ans auprès des Zabaleen, ces «oubliés de la vie». Il décida alors d’apporter son aide à cette population défavorisée. Pour ce faire, il conjugue son amour pour la photographie et son engagement humaniste qu’il explique par cet aphorisme, «un certain regard, un engagement certain».

Il publie trois livres de photographies en quatre ans, Paris Le Caire, préfacé par Naguib Mahfouz, prix Nobel de littérature en 1988 et Gamal el Ghitany, puis, Déserts et Poésies d’Egypte, préfacé par Youssef Chahine et, enfin, en 2005, Egypt forever, préfacé par Claude Bureau et Mohamed Salmawy.
L’intégralité des recettes résultantes de la vente de ces trois ouvrages est alors reversée, chaque année, à sœur Sara pour aider les Zabaleen du Mokattam. «Ces livres étaient, en quelque sorte, une respiration, dans l’ordre des humanités et de l’art, aux contraintes du projet de liaison GNL entre l’Egypte et la France».
Touché par la qualité de son travail et par la destinée caritative de ses livres, le groupe Accor lui acheta une série de photos qui orneront les nouvelles chambres de l’hôtel Gezirah Accor du Caire. Celui-ci ouvrira ses portes en novembre 2006.

Dans cet exercice téméraire, l’amitié a beaucoup compté. La concrétisation de ce projet est donc le fruit et la source d’une solidarité humaine, au delà des géographies, des frontières et des professions. De cette solidarité si nécessaire pour accompagner dans sa marche, encore et toujours, la résistance à la pauvreté et à l’indifférence. Geste qui montre que les arts et les affaires peuvent et doivent s’associer plus souvent pour venir en aide aux couches les plus démunies et les plus défavorisées de la société.

Contacter : Patrick Longueville